OMS / Jonathan Perugia
A chicken showing scars from being attacked by other chickens is separated from the main flock.
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Grippe (aviaire et autres grippes zoonotiques)

21 janvier 2026

L’essentiel

  • Les êtres humains peuvent être infectés par des virus de la grippe aviaire, porcine et d’autres virus grippaux.
  • Le contact direct avec des animaux infectés (par exemple lors de la manipulation, de l’abattage ou de la transformation des produits carnés) ou le contact indirect (dans des environnements contaminés par des animaux infectés) présente un risque d’infection humaine.
  • L’exposition aux virus de la grippe animale peut être à l’origine d’une infection et d’une maladie chez l’être humain, avec des symptômes allant d’un syndrome grippal bénin ou d’une inflammation oculaire à une maladie respiratoire aiguë sévère et, dans certains cas, à la mort. Des infections asymptomatiques ont parfois été signalées.
  • Aucune transmission interhumaine durable des virus de la grippe zoonotique actuellement en circulation n’a été constatée.
  • Les virus de la grippe A ont un réservoir naturel chez les oiseaux aquatiques sauvages, rendant l’éradication impossible. Par conséquent, l’élimination des infections grippales zoonotiques est peu probable et les menaces pandémiques persistent. Pour minimiser les risques pour la santé publique, il est essentiel de mettre en place une surveillance rigoureuse des maladies chez les animaux, les humains et à l’interface humain-animal, de riposter rapidement et efficacement en cas de flambée épidémique chez les animaux, d’enquêter sans délai et de manière approfondie sur chaque cas d’infection humaine et de prévoir un plan de préparation aux pandémies fondé sur les risques.

Vue d’ensemble

Il existe 4 types de virus grippaux : A, B, C et D. Les virus de la grippe A et B circulent parmi les humains et provoquent des épidémies saisonnières, mais d’après ce que l’on sait actuellement, seuls les virus de type A sont susceptibles de provoquer des pandémies mondiales. Les oiseaux aquatiques sauvages constituent le principal réservoir naturel de la plupart des sous-types de virus grippaux A. Un nouveau virus de la grippe A, contre lequel la population est peu ou pas immunisée et qui se propage continuellement entre les êtres humains, peut déclencher une pandémie de grippe.

Les virus de la grippe de type A sont classés en sous-types selon les combinaisons de protéines se trouvant à leur surface. Lorsque les virus de la grippe animale infectent leurs espèces hôtes, ils sont nommés en fonction de l’hôte primaire : virus de la grippe aviaire, virus de la grippe porcine, virus de la grippe équine, virus de la grippe canine, etc. Les épidémies de grippe aviaire chez les volailles peuvent avoir des conséquences immédiates et graves pour le secteur agricole.

Les virus de la grippe C sont moins fréquemment détectés chez l’être humain et provoquent généralement une infection bénigne ; ils ne représentent donc pas un problème majeur de santé publique.

Les virus de la grippe D touchent principalement le bétail, bien qu’ils semblent avoir une plus grande diversité d’hôtes. Les virus de la grippe D ont certaines propriétés qui indiquent qu’ils peuvent infecter l’être humain, mais des études supplémentaires sont nécessaires pour interpréter les données sérologiques et virologiques actuelles à l’interface humain-animal.

Les virus de la grippe animale sont distincts des virus de la grippe humaine et ne se transmettent pas facilement à l’être humain et entre les humains. 

Potentiel pandémique

Il y aura des pandémies de grippe à l’avenir, mais il est difficile de prédire quand elles surviendront et quel virus en sera responsable, ainsi que les zones géographiques qui seront touchées et la manière dont elles se propageront. Ces pandémies peuvent avoir des conséquences sanitaires, économiques et sociales importantes. Une pandémie de grippe survient lorsqu’un virus grippal capable de donner lieu à une transmission interhumaine durable apparaît et que la population humaine est peu ou pas immunisée contre le virus responsable.

On ne sait pas si les virus aviaires, porcins ou d’autres virus grippaux zoonotiques actuellement en circulation provoqueront une future pandémie. Toutefois, la diversité des virus grippaux zoonotiques qui ont infecté l’être humain souligne la nécessité d’une surveillance renforcée dans les populations animales et humaines, d’une enquête rapide et approfondie sur chaque cas humain suspecté ou confirmé, et d’une planification de la préparation aux pandémies fondée sur les risques.

Signes et symptômes chez l’être humain

Les infections humaines par les virus de la grippe aviaire peuvent provoquer une maladie chez l’être humain, allant d’un syndrome grippal bénin ou d’une inflammation oculaire (conjonctivite) à une maladie respiratoire aiguë sévère et à la mort. Des symptômes gastro-intestinaux et neurologiques ont été signalés dans de rares cas. La sévérité de la maladie dépend de nombreux facteurs, notamment du virus responsable de l’infection, de la nature de l’exposition, de la prise en charge clinique, des tests de laboratoire et des caractéristiques propres à la personne infectée. Le taux de létalité rapporté à ce jour pour les infections humaines par les virus A(H5) et A(H7N9) est plus élevé que celui de la grippe saisonnière. La classification des virus de la grippe aviaire selon leur degré de pathogénicité (faible ou élevée) est fonction de la présentation de la maladie chez les volailles et n’a rien à voir avec la maladie chez l’être humain.

Les infections humaines par des virus de la grippe porcine sont généralement bénignes, avec des symptômes similaires à ceux de la grippe saisonnière humaine, bien que dans certains cas, des hospitalisations aient été nécessaires.

Épidémiologie des infections humaines

Bien que rares, des cas sporadiques d’infection humaine par des virus de la grippe aviaire et d’autres virus grippaux zoonotiques ont été signalés. Le contact direct ou indirect avec des animaux infectés représente le principal risque d’infection humaine. Aucune transmission interhumaine durable des virus de la grippe zoonotique actuellement en circulation n’a été constatée.

En ce qui concerne les virus de la grippe aviaire, le principal facteur de risque d’infection humaine semble être l’exposition à des animaux infectés vivants ou morts ou à des environnements contaminés, comme les marchés d’oiseaux vivants. La manipulation des carcasses de volailles infectées et la préparation de volailles pour la consommation, en particulier à domicile, sont aussi des facteurs de risque. Des cas d’infection par ces virus ont été signalés chez des personnes travaillant dans des fermes d’élevage après avoir été exposées à des animaux infectés et à des environnements contaminés, notamment lors d’activités telles que l’abattage ou le dépeuplement. Rien ne porte à croire que les virus A(H5), A(H7N9) ou d’autres virus de la grippe aviaire puissent se transmettre aux humains par la consommation de volailles ou d’œufs correctement préparés et cuits.

En 1997, des infections humaines par des virus A(H5N1), de la lignée A/Goose/Guangdong/1/1996 (Gs/Gd/96), ont été signalées lors d’une épidémie chez des volailles dans la région administrative spéciale de Hong Kong (Chine). Depuis 2003, ces virus se sont propagés dans les populations d’oiseaux de l’Asie vers l’Europe et l’Afrique, et vers les Amériques en 2021, et ont provoqué des épizooties récurrentes dans les populations de volailles de nombreux pays. Les virus A(H5N1) ont provoqué des centaines de millions d’infections chez les volailles, des épidémies chez les oiseaux sauvages et se sont propagés à certains mammifères (mammifères marins, vaches laitières et autres animaux sauvages et domestiques). Des centaines de cas humains ont été recensés et de nombreux décès ont été enregistrés parmi les personnes exposées à des animaux infectés ou à des environnements contaminés. À ce jour, des virus de la grippe aviaire A(H5N1) et d’autres virus A(H5) ont été détectés chez des oiseaux ou des mammifères sur tous les continents, à l’exception de l’Océanie. Des cas humains ont été signalés dans des pays d’Afrique, des Amériques, d’Asie et d’Europe, ainsi qu’en Océanie, où le cas concernait une personne ayant voyagé sur un autre continent.

En 2013, des infections humaines par le virus A(H7N9) ont été signalées pour la première fois en Chine. Les virus se sont propagés dans la population avicole du pays et ont provoqué plus de 1500 cas humains et de nombreux décès humains entre 2013 et 2019. Aucun autre cas humain n’a été signalé à l’OMS depuis 2019.

En 2024, les virus A(H5N1) se sont propagés aux vaches laitières aux États-Unis d’Amérique et ont provoqué des épidémies. Des personnes travaillant dans des fermes laitières et ayant été en contact direct avec des vaches infectées ont également contracté l’infection.

D’autres virus de la grippe aviaire ont été à l’origine d’infections humaines sporadiques. Depuis 1999, des virus de la grippe aviaire A(H9N2) ont infecté des humains après une exposition à des oiseaux infectés, mais sans entraîner de propagation interhumaine. Des infections humaines par des virus A(H9N2) continuent d’être détectées, car ces virus grippaux aviaires sont endémiques dans de nombreuses populations de volailles à travers le monde. Depuis 2014, des infections humaines sporadiques par des virus de la grippe aviaire A(H5N6) ont été signalées, principalement en Chine. Des virus grippaux A(H3N8), A(H5N2), A(H5N8), A(H6N1), A(H7N2), A(H7N3), A(H7N4), A(H7N7) et A(H10) ont également été associés à des infections humaines.

En ce qui concerne les virus de la grippe porcine, les facteurs de risque d’infection humaine comprennent la proximité avec des porcs infectés ou la visite de lieux où des porcs sont exposés. Des infections humaines sporadiques par des virus de la grippe porcine des sous-types A(H1) et A(H3) ont été détectées.

Diagnostic

Des tests de laboratoire sont nécessaires pour diagnostiquer l’infection humaine. Ces tests doivent être effectués dans un laboratoire capable d’analyser les échantillons et de confirmer les infections zoonotiques en toute sécurité.

Des laboratoires de référence spécialisés collectent des échantillons prélevés sur des cas humains suspects afin d’identifier et d’analyser le virus responsable. Ce processus, réalisé avec rapidité et précision, est crucial pour élaborer une réponse appropriée.

Traitement

Si l’on suspecte une grippe zoonotique chez une personne, il faut en informer les autorités sanitaires et assurer une prise en charge clinique appropriée comprenant les tests de laboratoire, le triage, l’examen clinique pour la classification de la gravité de la maladie, l’évaluation des facteurs de risque de formes sévères de la maladie, l’isolement des patient(e)s et le traitement (antiviraux et soins de soutien, par exemple). Les patient(e)s atteint(e)s de la grippe doivent être correctement pris(es) en charge afin d’éviter une forme grave et le décès.

Prévention

Il est peu probable que l’on parvienne à éradiquer les virus grippaux et des infections zoonotiques continueront de se produire. Pour minimiser les risques pour la santé publique, il est essentiel de mettre en place une surveillance de qualité parmi les populations animales et humaines, de mener rapidement des enquêtes approfondies sur chaque cas d’infection humaine et d’élaborer un plan de préparation aux pandémies fondé sur les risques. Les autorités de santé publique et de santé animale doivent collaborer et partager les informations lors des enquêtes sur les cas humains de grippe zoonotique.

Le public doit strictement éviter tout contact avec des animaux malades ou morts, y compris les oiseaux sauvages, et doit signaler les animaux morts ou demander leur enlèvement en contactant les autorités locales responsables de la faune sauvage ou les autorités vétérinaires.

Le public doit limiter le plus possible les contacts avec les animaux dans les zones où l’on sait que des virus de la grippe animale circulent, notamment les fermes et les lieux de vente et d’abattage d’animaux vivants, et doit éviter tout contact avec des surfaces qui semblent être contaminées par des excréments animaux.

Chacun(e) doit se laver les mains soigneusement et souvent, de préférence à l’eau courante et au savon (surtout si les mains sont visiblement sales) ou à l’aide d’un produit hydroalcoolique pour les mains. Cela est particulièrement important avant et après tout contact avec des animaux et leur environnement.

Tout le monde devrait adopter de bonnes habitudes en matière de sécurité alimentaire : manipuler, stocker et cuire correctement les œufs, la viande et les autres produits animaux, maintenir les surfaces propres et se laver les mains, et n’abattre que des animaux sains pour la consommation humaine (les animaux morts de façon inattendue ne doivent pas être consommés et doivent être éliminés de manière appropriée, conformément à la réglementation nationale).

Les personnes qui voyagent dans des pays touchés par des flambées épidémiques de grippe aviaire et celles qui y résident doivent éviter, dans la mesure du possible, de se rendre dans des élevages de volailles, d’avoir des contacts avec des animaux sur les marchés de volailles vivantes, de pénétrer dans des zones où des volailles sont susceptibles d’être abattues et de toucher des surfaces qui semblent contaminées par des excréments de volailles ou d’autres animaux. Les personnes revenant de zones touchées doivent se présenter aux services de santé locaux s’ils présentent des symptômes respiratoires et s’ils suspectent une infection par un virus de la grippe zoonotique.

Action de l’OMS

L’OMS surveille en permanence les virus de la grippe aviaire et d’autres virus grippaux zoonotiques par l’intermédiaire de son Système mondial de surveillance de la grippe et de riposte (GISRS). En collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), elle assure une surveillance des virus et des maladies à l’interface humain-animal, évalue les risques associés et coordonne la riposte aux épidémies de grippe zoonotique et aux autres menaces pour la santé publique.

Deux fois par an, l’OMS consulte des expert(e)s de ses centres collaborateurs, des laboratoires essentiels de réglementation et d’autres partenaires pour examiner les données sur les virus grippaux à potentiel pandémique générées par le GISRS et les partenaires du secteur de la santé animale et détermine si de nouveaux virus vaccinaux candidats sont nécessaires pour se préparer aux pandémies.

Sur la base de l’évaluation des risques, l’OMS fournit des orientations, élabore et adapte des stratégies de surveillance des virus et des maladies, de préparation et de riposte à la grippe saisonnière, zoonotique et pandémique, et communique en temps utile aux États Membres les résultats de l’évaluation des risques et les mesures recommandées pour améliorer la préparation et la riposte aux niveaux national et mondial. Le Cadre de préparation en cas de grippe pandémique vise à améliorer la préparation et la riposte à la grippe pandémique et à renforcer la protection contre la grippe pandémique en améliorant et en renforçant le GISRS de l’OMS.